Œuvre

Luanne Martineau
The Knitter Woman
2020

Catégorie :
Sculpture
Date de production :
2020
Matériaux :
Acier, verre, plomb, papier, médium acrylique, plâtre, mousse de polyuréthane, plastique, béton, bois, tricotin, moteur, laine, silicone et dispositif électrique
Dimensions :
221,5 x 110 x 75 cm
Description :

À la manière d’une figure maternelle, The Knitter Woman se dresse en une sculpture cinétique dont la tête, en couronne de verre intégrant des loupes, abrite un mécanisme crochetant un cordon de laine multicolore. Ce cordon glisse vers le sol par la cavité centrale de la figure, traversant une armature de tiges d’acier gainées de papier pastel pressé et pulpé, puis s’échappe entre ses jambes incomplètes en plâtre blanc, évoquant la célèbre pièce Interior Scroll (1975) de Carolee Schneemann, tout en faisant écho aux pratiques traditionnelles et modernistes de peinture au sol. L’œuvre repose sur une interaction quotidienne : elle requiert attention et soin, une présence pour la « nourrir » et prolonger son geste en travaillant le cordon pour le coudre en un tapis circulaire. Elle convoque des notions de soin, de collaboration, d’entretien et de confort, en résonance avec les propositions avancées dans le Manifesto for Maintenance Art, 1969! (1969) de Mierle Laderman Ukeles.

The Knitter Woman adopte une nouvelle approche de la valorisation du travail d’artisanat dit « féminin » en mobilisant des technologies « domestiques », et poursuit ainsi, entre autres, une tradition établie par les artistes féministes ayant investi le textile au cours des années 1970. De plus, en intégrant un dispositif et un concept machinique (mécanomorphe), l’artiste donne à voir un processus de création en constante activation. L’exigence d’entretien/d’activation redéfinit la relation entre l’œuvre et l’institution, ouvrant sur de nouveaux modes d’engagement. Une forme subtile de critique institutionnelle s’installe : l’institution se voit mise au défi d’assurer la complétion de l’œuvre, passant d’une posture de préservation passive à la prise en charge active d’un travail de production. L’œuvre met en espace, par l’intermédiaire d’une expression sculpturale, une situation régie par des protocoles, également tributaire de la volonté et des capacités des institutions hôtes. Elle crée ainsi un pont entre les pratiques conceptuelles dites « immatérielles » et celles, enracinées dans l’artisanat (craft), résolument « matérielles ».

Mention de provenance :
Don anonyme
Collection :
Collection Musée d’art contemporain de Montréal
Art contemporain canadien
Date d’acquisition :
2024
Numéro :
D 24 33 S 1
API :
api/oeuvres/d-24-33-s-1, s’ouvre dans une nouvelle fenêtre