Œuvre
Sandra Volny
Fossile sonore (DR09) (de la série « Fossiles sonores », 2021-2023)
2023
- Catégorie :
- Sculpture
- Date de production :
- 2023
- Matériaux :
- Acier, pigments et verre antireflet
- Dimensions :
- 155,4 x 62,5 x 2,6 cm
- Description :
Appartenant à un corpus d’œuvres issues de collaborations avec des scientifiques spécialisés en géophysique, les œuvres de la série Fossiles sonores, dont fait partie Fossile sonore (DR09), témoignent d’une tentative de cristalliser, dans la matière, les modulations vibratoires de territoires en mutation. Conçues à partir de plaques d’acier sur lesquelles sont sédimentés, sous l’effet des vibrations sonores, des pigments en suspension dans l’eau (sédimentation du son sur pigments), elles traduisent visuellement les sons inaudibles émis par les sols glacés de la plateforme de Ross, en Antarctique.
À la fois empreintes et enregistrements, les fossiles sonores résultent d’un protocole de transposition où les données sismiques, captées par une équipe de recherche scientifique dirigée par le géophysicien et mathématicien Julien Chaput, sont d’abord converties en ondes audibles, puis projetées dans un bain de pigments. L’évaporation lente de ce liquide opère une sédimentation progressive par couches successives, figeant les vibrations dans la matière colorée. Le résultat évoque autant des tableaux abstraits que des artefacts archéologiques – à l’échelle humaine, intimement liée à celle de l’artiste – brouillant les frontières entre esthétique et information, entre trace matérielle et mémoire sonore.
Les modulations infimes de la glace inscrites dans la surface des plaques rendent perceptible une géologie altérée par le dérèglement climatique. Il s’agit ici moins d’une représentation que d’une présence : celle d’un monde en cours de disparition, d’un paysage qui parle dans une langue inaudible, rendue tangible par le biais de technologies scientifiques et de gestes plastiques précis. Par ce transfert de l’invisible au visible, du fugitif au figé, l’artiste poursuit une démarche où la mémoire des milieux passe par leur résonance.
Ces « sculptures vibratoires » sont ainsi à la fois des archives sensibles et des marqueurs d’un temps géologique qui nous échappe. Par leur aspect minéral, elles évoquent les fossiles traditionnels – mais ce qu’elles fixent n’est ni la trace d’un organisme, ni celle d’un végétal, mais celle d’un souffle de glace, d’un signal sonore émis par la Terre elle-même. Un paysage sonore devenu vestige.
- Mention de provenance :
- Achat
- Collection :
- Collection Musée d’art contemporain de Montréal
Art contemporain québécois - Date d’acquisition :
- 2023
- Numéro :
- A 23 7 S 1
- API :
- api/oeuvres/a-23-7-s-1, s’ouvre dans une nouvelle fenêtre
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